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Ressenti d'une jeune femme sur l'écologie

Mes petits pas vers l'écologie

Un des premiers souvenirs que j'ai en lien avec l'écologie remonte au moment où j'ai demandé à mes parents des "pomme potes" (compotes individuelles en plastique), mais mon père a refusé en expliquant que ce n'était pas ‘écologique’. J'étais frustré de ne pas obtenir ce que je voulais, mais cette expérience m'a fait réaliser qu'un récipient plus grand de compote était une option possible.

Être écolo, cela veut dire quoi?

Tout simplement se préoccuper de notre avenir sur terre et la préservation de la biodiversité, rien de plus naturel et normal à mon sens…

Illustration de l'article « Ressenti d'une jeune femme sur l'écologie »

Différences culturelles face à l'écologie

Ayant suivi mon éducation dans un lycée international, j'ai eu l’opportunité de participer en 2016 au dialogue des jeunes sur l’environnement via Skype avec l'UNITAR (Institut des Nations unies pour la formation et la recherche). Nous avons échangé des idées et des solutions sur le changement climatique avec des étudiants de Nabbingo, en Ouganda. J'ai rapidement pris conscience que les étudiants ougandais s’engageaient davantage, de manière concrète car ils étaient directement touchés par le changement climatique: nos approches différaient en fonction de notre niveau de développement. Le dérèglement climatique affecte davantage les pays pauvres que les pays riches.

Parking à vélo Amsterdam / Source: myparkingsign

J’ai vécu un an aux Pays-Bas où tout le monde utilise le vélo comme moyen de déplacement de façon totalement naturelle. Dans ce pays, beaucoup de personnes sont végétariennes. Entre jeunes, l’écologie était un sujet central de discussion, alors qu’en France les personnes intéressées par l’écologie sont davantage catégorisées comme marginales.

En France, le terme ‘écolo’ est associé à une posture politique, plutôt de gauche, alors qu’elle concerne tout le monde. D’ailleurs, c’est dommage que l’écologie ne soit pas ‘populaire’, le vote pour les verts provient majoritairement des cadres, et non des ouvriers ou des agriculteurs. Ce qui prouve que l’écologie est souvent mise à l’écart des autres enjeux. D’autant plus que ceux qui se préoccupent davantage de l’environnement sont souvent les citoyens et non les politiques.

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Entre culpabilité individuelle et changement collectif: les limites de l'approche personnelle

Au début, je me suis surtout intéressée aux petits gestes du quotidien : réduire les déchets, utiliser le vélo plutôt que la voiture, j’ai arrêté de manger de la viande pendant un an et maintenant j’en mange à quantité réduite. J'ai remis en question la fast fashion : auparavant, j'achetais parfois des vêtements pour mon plaisir, puis j'ai découvert les friperies et j'ai réduit ma consommation globale, car je ne grandissais plus... Tous ces gestes réduisent notre empreinte carbone.

Cependant, culpabiliser les individus quant à leur mode de vie ne changera pas le système dans son ensemble. Mais je crois que nous sommes du bon côté de l’histoire si nous y prêtons attention et ne l’ignorons pas…

A mes yeux, la course à la “pureté écologique” individuelle est dangereuse aussi, il ne sert à rien de culpabiliser les citoyens mais plutôt de discuter et de changer chacun à son échelle. Il est difficile de trouver le bon moyen d’en parler, on a parfois l’impression d’être donneur de leçon.

Faisant partie du mouvement scout en Suisse de 9 à 17 ans, j’ai appris à respecter mon entourage et la nature en vivant entourée de celle-ci. Lorsqu’on campe et que l’on construit des objets en bois, on utilise la nature directement et on voit ainsi ses bienfaits. On vit en communauté, en harmonie avec la nature, non séparée d'elle. Le vivre ensemble est aussi une dimension importante de l’écologie à mon sens.

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Eco-anxiété et la recherche de sens

De nature sensible, j'ai ressenti depuis longtemps de l'éco-anxiété et de la peur par rapport à l'avenir, même avant que le terme soit à la mode. Les gros titres des journaux et les rapports du GIEC sont alarmants. Je me suis déjà sentie impuissante, un peu déprimée avec un sentiment de fatalisme. Parfois c’est tentant de ne pas lire les articles et juste lire le titre tellement les nouvelles paraissent choquantes.

Parfois cela me paraît injuste que les générations précédentes, durant leur jeunesse, ne se soient pas préoccupées de cette question, alors qu’elle est maintenant au cœur des enjeux. C’est quand même un poids que je vais devoir porter toute ma vie et ma vie serait plus simple sans celle-ci.

Ma 'conscience écologique' s’est réveillée ces dernières années plus par amour de la nature et de la biodiversité. J’aime faire des randonnées, découvrir des lieux de nature et je me sens bien entourée de verdure. J’admets que si on n’a jamais eu de contact positif avec la nature c’est plus difficile de se sentir concerné.

J’ai beaucoup de mal à me projeter à long terme. Il y a beaucoup d'incertitudes par rapport au marché du travail. Les avancées technologiques avancent tellement rapidement avec l’intelligence artificielle que beaucoup de métiers classiques sont menacés. Trouver un travail aligné avec mes valeurs me paraît essentiel; sans impact négatif sur l’environnement.

Source: ANNA WANDA GOGUSEY, Le monde

Beaucoup de jeunes ressentent également une perte de sens et de repères dans le monde du travail. Cela est très visible sur les réseaux sociaux. Nous n'avons pas envie de sacrifier notre santé mentale pour le travail, de faire face à un épuisement professionnel. Le travail n’est pas considéré comme une finalité, mais plutôt comme un moyen de vivre. Ce n'est pas nécessairement là que nous serons épanouis.

Sur les réseaux sociaux, les vidéos montrant des personnes qui abandonnent tout pour vivre à la ferme, développer leur propre culture ou vivent dans une caravane tout en voyageant à travers le monde sont répandues et inspirantes.

Il y a aussi des exemples de personnes qui changent de carrière, comme passer de l'ingénierie à l'ébénisterie, pour un travail plus manuel, qui aurait donc plus de sens. En renonçant à travailler dans une grosse entreprise en étant à son compte, certains se sentent plus alignés avec leurs valeurs.

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Une préoccupation pour le social

L’échelle des problèmes du changement climatique est immense, et tout me paraît souvent dérisoire. Ce qui m’attriste le plus c’est que les problèmes liés à l’environnement sont inévitablement liés aux inégalités sociales, qui vont probablement accroitre considérablement avec l’apparition de migrations climatiques.

Quand on lit des chiffres comme ceux-ci:

Au niveau mondial, (concernant les individus), les 1 % d'émetteurs les plus importants avaient chacun une empreinte carbone de plus de 50 tonnes de CO2 en 2021, soit 1 000 fois plus que les 1 % d'émetteurs les moins importants. Les 10% d'émetteurs les plus importants étaient responsables de près de la moitié des émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie en 2021, contre seulement 0,2 % pour les 10% d'émetteurs les moins importants.

Ces chiffres prouvent qu’une forte empreinte carbone est directement liée au confort de peu de personnes.

On ne peut que se demander:

À quoi bon tous ces petits gestes quotidiens si à l’échelle mondiale cela ne change rien?

À quoi bon ne pas prendre un avion si tous les jours des jets privés décollent?

La solution à de nombreux de problèmes se trouve dans les régulations, c’est la seule manière de faire bouger les choses à grande échelle.

Alors que faire?

Pour ceux qui ont le privilège et le temps de lire des articles sur l'environnement, c’est utile d’en discuter avec son entourage et diminuer sa consommation. Néanmoins, j’estime que l’action collective, souvent composée de citoyens a beaucoup plus d’impact (même si je n’en fais pas partie). De nombreuses associations luttent et aboutissent à des changements.

Par exemple, après treize années de lutte d’associations de protection de la nature pour les bois de Roybon, le groupe Pierre & Vacances a abandonné le projet de Center Parc en juillet 2020.

Roybon, la vie dans les bois. Source: reporterre

Pour résumer, la citation “ceux qui ont le privilège de savoir ont le devoir d’agir” selon Einstein résume bien la situation liée au changement climatique.

Mais je sais bien que nous sommes tous pris dans des contradictions dans notre vie quotidienne.

Pour aller plus loin

Cet article a été rédigé en utilisant ces sources:

worldpopulationreview.com

www.iea.org

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